Le rugby c dla balle

Publié le par Sylvain

La coupe du monde de rugby me les brise menues….Vous pensez que c’est excessif, moi aussi mais comment réagir face à l’excès ??? par l’excès bien sur, transformé bien évidemment, j’ai honte….mais ceux-là qui savent sauront me pardonner.

Le rugby new look s’offre une consécration, que dis-je, un triomphe, les spots du XV de France ressemblent à des pubs Dolce & Gabbana et Rafael Ibanez, notre valeureux capitaine écarté après sa 1ere rencontre calamiteuse, est un playboy depuis hier , incrédible !!! Mais c’est pas de sa faute à notre pote Rafa, on l’aime bien quand même, et à la vue de son attitude dans ce fameux spot Nike, où, sur fonds d’images subliminales des footeux victorieux de 98, on l’aperçoit, déterminé comme jamais à rentrer dans son maillot XS, on se dit qu’il a tout de la victime de base et rien du guerrier émérite. Car le rugby est en train d’être récupéré par la pub et le show biz, processus déjà amorcé par notre ami Max Guazzini, proprio du Stade Français et fondateur de la radio aux jingles tellement longs qu’à un moment tu te demandes si c’est le nouveau single de Mat Pokora, et comme la chanteuse de jingle chante juste, et ben là tu te dis que le nouveau single de Mat Po c’est pour dans 30 secondes, donc tu zappes vite. Bref revenons à notre ami Max, qui a décidé tout seul de pipoliser le Stade Français, de le rendre frais, et surtout de monter une équipe digne de ce nom dans la capitale. Pour l’instant il s’en sort bien le garçon, passionné de rugby qu’il est, et le Stade trône parmi les têtes d’affiche de notre championnat national (Top 14), avec 5 titres de champion et 2 finales de coupe d’Europe depuis son arrivée au club. Mais le plus spectaculaire est la manière dont Max a travaillé l’image de son club, et comment cette communication précise et efficace est en train de se répandre.

                    Lire la suite...

Aujourd’hui les joueurs du Stade Français portent des maillots rose bonbon, se rasent le torse et posent nus dans leurs célèbres calendriers. Nike a développé des maillots près du corps pour rendre le jeu plus esthétique, mais officiellement pour éviter que l’on puisse s’agripper aux maillots trop larges portés dans le temps. Les mi-temps sont rythmées par des pom-pom girls et tout le monde s’en délecte. « Le rugby se modernise, il est temps d’entrer dans l’ère du vrai professionnalisme » entend-on par-ci par-là.

 

La Coupe du Monde actuelle est très révélatrice de ce phénomène, mais plus qu’elle c’est surtout l’accueil que le grand public lui réserve, qui démontre à quelle point ces stratégies de communication sont efficaces. Vous savez le grand public, qui s’émoustille dès qu’on lui dit de le faire, celui qui râle parce qu’il ne pourra pas voir les Enfants de la Télé samedi prochain à cause de cette connerie de rugby dans l’année, mais qui est le premier à émettre un avis sur les choix tactiques du sélectionneur une fois la compétition commencée. Le même mec qui se plaignait de ne pouvoir avoir sa dose de JPP, non pas le vrai JPP, qui lui a fait lever des stades entiers d’une reprise de volée en pleine lucarne, mais l’autre, l’ami de la France, du terroir et des « petits villages qui conservent une tradition millénaire en continuant à fabriquer des sabots à la main », et qui n’a pu faire lever personne, et surtout pas le niveau. Ce même mec donc, qui, dévasté par le match de Champion’s League du mercredi qui le prive de son Combien Ca Coute tant aimé, où il peut épancher sa haine du gaspillage public et des impôts en trouvant des mines compatissantes en face de lui, était le premier à émettre un avis nauséabond sur la sois disante incompétence d’Aymé Jacquet en 1998, et ben ce mec là, il mange à côté de moi tous les midis, et il a ramené tous ses potes en plus.
Dans le restaurant d’entreprise tous les styles sont mélangés, du stagiaire en banque lisant L’Equipe au groupe de comptables plus proches de Caméra Café que de La Firme, en passant par les grappes de demoiselles du marketing, serrées dans leurs jeans slims mais à l’aise dans leurs ballerines. Et tous parlent rugby, comme s’ils étaient tous nés entre Agen, Pau et Dax. J’ai été d’ailleurs témoin d’une conversation ahurissante, à la table qui me faisait face, où une ménagère de moins de 50 ans parlait du match contre l’Argentine, du fait que Michalak devrait jouer et que Bernard Laporte ne savait pas ce qu’il faisait en le laissant sur le banc de touche ; après avoir émis cette opinion, la brave demoiselle, comme une fleur, fanée ceci dit, s’exclama « au fait le rugby ça se joue à combien ? ». Je failli m’étouffer avec mon steak tant le ridicule de la situation me compressa l’œsophage et me donna envie de pleurer. Voilà ce que fait le grand public d’une compétition qu’on lui donne en pâture, comme il l’avait fait avec la Coupe du Monde de foot en 98. Le propos n’est pas ici de dénigrer la ferveur populaire, bien au contraire, tant elle est nécessaire et indispensable à la réalisation d’exploits sportifs. La France n’aurait jamais été championne du monde en 98 sans ces masses de supporters qui accompagnait tous leurs déplacements en bus à travers le pays. Mais elle n’aurait jamais non plus été championne du monde sans une force incroyable à l’intérieur du groupe, qui lui a permis d’éluder les critiques et les attaques pour se concentrer sur son jeu et sur la victoire. Voilà ce qui manque au XV de France pour l’instant, et la défaite inaugurale face à l’Argentine l’a bien montré. Voilà 15 mecs porteurs de l’espoir de tout un pays, de toute une masse de sponsors, que l’on oblige à devenir champions du monde car tels est leur destin. Les rugbymen français n’ont pas l’expérience et le vécu de leurs homologues du ballon rond, ils jouent dans le championnat de France pour la plupart, et le niveau de développement du rugby professionnel n’est pas à même de leur fournir régulièrement des contextes sportifs aussi forts que celui ressenti lors du match d’ouverture au Stade de France. Si on rajoute à ça la crétinerie d’un Bernard Laporte parti leur lire la lettre de Guy Mocquet dans les vestiaires avant de rentrer sur la pelouse, on comprend très vite la raison de l’apathie constatée sur le rectangle vert.

 

L’Equipe de France victime de l’organisation médiatico-publicitaire de sa propore Coupe du Monde? On n’est pas loin de la vérité, mais la réponse à cette question sera forcément liée aux résultats futurs du XV de France, qui peut tout à fait développer une force collective susceptible de lui permettre de se qualifier, de battre les Blacks puis d’aller chercher la victoire tant espérée. Et l’ironie dans tout ça, c’est qu’en cas de victoire des Bleus, ce sont les sponsors qui vont se frotter les mains….Realize !!!!

Publié dans Société

Commenter cet article

83 je crois 19/09/2007 07:58

bien sympa l'article, je salue également cette touche sportive sur le dubitatif...

henhen 18/09/2007 19:36

Yeah, je salue bien bas l'entrée de Sylvain dans le Dub! En plus, un article sportif qui fait bien plaisir. J'espère que le travail n'est pas trop dur, ou qu'au moins ca te plait...Bise mec!