Vu du Chili...C'est aussi le Pérou!!!

Publié le par Dubitatif

Jacquot avait entendu parlé de Jeannot et de ses aventures liméniennes… Après qlq hésitations, il se décida donc à le rejoindre à Lima, dans cette immense cité tentaculaire. Le quadrillage de « blocs » mal ajustés, les grandes rues éclairées dont les lueurs s’évanouissent dans l’horizon, cette ville grise et brumeuse qui se jette dans la mer, tt cela impressionna Jacquot lorsqu’il survola la ville…
 
Jacquot retrouva bien vite Jeannot, qui le pris sous son aile ; lui, était bien plus habitué aux baroudages dans les contrées latines et savait rassurer son camarade par son espagnol chantant et sa connaissance des lieux. Nos deux comparses étaient enfin rassemblés pr 15jrs d’équipée sauvage dans 3 univers différents…
 
D'abord, le chemin des Incas avec Cuzco et le Macchu Picchu, l'incontournable touristique, une des "7 nouvelles merveilles du monde"...
3 pleines journées dans Cuzco et sa région parsemée de ruines Incas permettent à Jeannot et Jacquot de se remémorer doucement cette culture disparue: à force de rencontres, de discussions, de lectures, de souvenirs, ils se représentent à nouveau cet empire du 13e siècle qui s'étendait de l'actuelle Colombie au Nord du Chili, et qui fut réduit au silence et à l’esclavagisme qlq siècles plus tard par les conquistadores espagnols.
Les deux amis arpenteront les rues escarpées de San Blas, le quartier bohème et calme de Cuzco, ils feront leurs emplettes botaniques sur le marché central de la ville, se vêtiront auprès des artisans de Pisaq, hanteront les bars cusquenos jusqu’aux premières lueurs du jour, avant de se succomber aux charmes de l’Hydre touristique qui leur promit le « graal » régional, le Macchu Picchu. De nombreux dollars plus tard (l’Hydre étant très assoiffée et même un peu cruelle...), Jeannot et Jacquot pénétrèrent enfin dans le sanctuaire Incas, perché sur une crête surplombant deux vallées de forêt sauvage. Ils s’étonnent alors de la liberté qu’ils trouvent sur le site, traversant les cultures en terrasse et les maisons sans toitures, dévalant les marches qui sillonnent la ville en ruine, et s’extasiant sur les pierres Incas à 12 ou 22 angles… Abandonnant leur guide folklorique, ils se lanceront ensuite dans une balade enchanteresse de 6-7h dans cette végétation tropicale des Andes, sur les chemins des Incas, bâtis ou creusés à flanc de montagne, enjambant rochers, ruisseaux ou fossés, uniques voies pour se rendre dans des temples plus reculés ou pr apprécier différents panoramas depuis les sommets avoisinants. Le lieu est sublime, grandiose et majestueux, il exhale la culture, le sacré et le mystère. Jacquot sera très touché par le poids de cette civilisation et de l’Histoire qu'il ressent ici…
 
Nos deux compères poursuivirent leur route dans un bus de nuit pr le lac Titicaca. Ces trajets interminables sur les routes (36h Lima-Cuzco, 7h Cuzco-Puno, 8h pr Puno-Arequipa) les réjouissent et les usent tour à tour ; des moments de repos, de discussions, truffés d’anecdotes rigolotes ou rageantes, mais la longueur de ces correspondances les rends parfois énervantes et ennuyeuses…
 
A peine arrivés sur les rives du lago Titicaca, Jeannot et Jacquot s’embarquèrent sur le premier bateau pr les îles péruviennes (Amantani et Taquilé) de ce lac immense, encerclé de montagnes, qui sépare le Pérou de la Bolivie. Au delà des curiosités touristiques comme les iles flottantes des Uros (fabriquées de ttes pièces à partir du roseau local) ou les traditions vestimentaires des habitants de Taquilé (ils montrent leur statut marital par la couleur de leur habits), c’est d’abord l’expérience humaine qui ravît Jacquot. Les deux amis dorment en effet chez une insulaire, madame Irma (et ses 2 enfants), dont le flegme quechua et la dignité indienne s’accordent à merveille avec le dénuement, l’isolement et la pureté de ces petites iles dont on fait le tour en 2-3h de marche. Jacquot se sent apaisé dans cet environnement minéral et silencieux, où l’impact humain est quasi imperceptible (pas d’électricité, d’hotel, de voiture, de vélo ou de chien). La vie au rythme du soleil et de la bougie, la lumière des soleils couchants, épurée par l’altitude, inciteront même nos amis à rester une nuit de plus sur ces îles protégées par les temples des antiques Pachamama et Pachapapa… Un petit goût d’éternel…
 
Aprés une brève escale a Aréquipa, ville culturellement et architecturalement marquée par l'emprunte coloniale espagnole et 2eme ville du pays (700 000 habitants contre 9 millions à Lima!), une nuit de transit dans un club liménien, Jacquot et Jeannot repartirent pr le Nord du Pérou, à Iquitos, ville tropicale posée sur les rives de l'Amazone, accessible seulement par bateau ou avion... C’est la porte de la « selva », la jungle amazonienne.
Jacquot hallucine en arrivant dans cette ville où l’humidité le fait transpirait à grosse goutte. C’est pourtant la saison sèche !
On ne circule quasiment qu’en motos ou mototaxis (sorte de rickshaw). Les rares bus n’ont pas de fenêtres, il fait bien trop chaud ; et de tte façon, tout s’arrête s’il pleut donc ca n’est pas gênant. Nos amis trouveront sur la Plaza de Armas de la ville une maison en fer, construite par Gustave Eiffel, transportée et remontée par un nabab du caoutchouc le siècle dernier… Esthétiquement sans intérêt, Jacquot reste persuadé que cette anachronisme illustre un peu le surréalisme de cette ville ! Le marché de Belén aussi ; espèce de bidonville de huttes sur pilotis construit dans le lit du fleuve. Jeannot et Jacquot le traverseront sous le cagnard de midi rendant le lieu encore plus insupportable et suffocant. Incommodés par les odeurs de poissons qui flétrissent au soleil, les étals trop bas qui oblige à avancer courbés en permanence, les ordures qui jonchent le sol, les groupes de charognards (vautours) qui se régalent à qlq mètres des enfants, Jacquot et Jeannot ne peuvent qu’imaginer ce même marché pdt la saison des pluies, qd le fleuve est au plus haut et que ces mêmes détritus sont recouverts par des mètres d’eau. Le gens se déplacent alors en kayak pr faire leurs courses ; c’est certainement moins sordide… Là, Jacquot a un peu l'impression de "visiter" la misère des autres, comme s'il s'agissait d'une attraction exotique...Le crépitement du flash de son camarade et d'autres touristes le mirent mal à l'aise...
 
En fait, c’est surtout les 4 jrs passés dans la selva qui ont motivé nos compères à venir là où naît le fleuve roi, l’Amazone, qui s’écoule ensuite sinueusement jusqu’aux côtes atlantiques brésiliennes. 
Jacquot et Jeannot s'éloignèrent de qlq centaines de km d'Iquitos, par l'unique route qui rejoint Nauta, puis par bateaux à moteurs et à rames afin de s'immerger dans 
« l’enfert vert » de la jungle.
L'enfer s'est avéré être un paradis.
Le climat tropical, la chaleur humide, les moustiques et autres bestioles (fourmis très agressives) n'étaient que de très petits désagréments face à la découverte du gigantisme de cette jungle : les deux amis partageront la vie tranquille et rigolote des indiens locaux (cultiver-yucca/fruits/riz, pêcher-piranhas/tucunaré, manger-ananas/papaye/pastèque, boire-whisky de la selva, glander et converser dans des hamacs/dans des bars de la selva, boire-biere/rhum, jouer au foot/après avoir tondu le terrain municipal à la machette bien sur, ...), ils verront qlq animaux exotiques (singes, bébé caiman -goût très proche du poulet-, anaconda, toucans, perroquets, etc), s’endormiront bercer par les mouvements de hamacs -un délice de paresse- ou le tangage des lanchas, avec toujours en fond sonore le bruit des animaux. Enfin, ils profiteront des cours de botanique donné par leur hôte -de la liane qui fournit de l'eau potable qd on la coupe, aux plantes médicinales et épices de la jungle-, se doucheront sous la pluie tropicale ou se baigneront dans le rio verdâtre...
Cette simplicité de vie, les gens rencontrés là-bas, la quiétude des lieux ont fait de cette découverte de la jungle le coup de cœur de Jacquot. Il repense souvent depuis à ce qu’il a ressenti là-bas : être à l’écart du monde, à l’abri de la pression sociale et des contraintes de tps. Une liberté paradoxale puisque la nature parfois hostile nous emprisonne (Nous avons rencontré qlq’un qui s’est perdu 8jrs dans la jungle en allant de balader à coté de chez lui !!!) mais nous protège de l’extérieur…
 
C’est sur ce petit nuage vert que Jacquot a du quitter son ami et retourner étudier sous les latitudes chiliennes…
Les deux amis n’auront pas rencontrés de shamane comme il l’avait d’abord espéré, mais cette dose d’émotions accumulée dans les regions pittoresques du Pérou a fourni à Jacquot le « fix de voyage » dont il avait besoin après son arrivée décevante dans l’américanisme chilien.

Il prend peu à peu conscience de l’immensité et de la complexité de ce continent latin avec tous ces reliefs à surmonter (jungle, salars, Andes, déserts), de son unité disloquée à l’image de la langue : cet espagnol que l’on parle partout, mais dans chaque pays différemment... Il attend avec une impatience difficilement contenue sa prochaine expédition dans les steppes patagones du Chili et de l’Argentine…
Eh oui, un fix est un fix, il en appelle toujours un suivant !
 
A suivre ???

Publié dans Vagabond

Commenter cet article

Gabo 26/11/2007 06:44

... et vu d'ici, ton récit me fait bien rêver aussi ! au plaisir de lire les prochaines aventures du jacquot, et s'il va jusqu'en argentine, mets lui du Hugo Diaz dans les oreilles !