A la masse

Publié le par Gabo

Suis-je vraiment comme eux ? Suis-je vraiment un parmi tant ? Je veux me persuader du contraire mais cela semble bien difficile. Car la différence, ils ne la font pas. Ils n’ont pas le temps, il faut vivre et cela les tuerai. Je dois donc me résoudre à l’accepter : pour tous ces mendiants, ces prostituées, ces vendeurs de la rue, ces fantômes du pavé, je ne suis qu’un touriste, un blanc plein d’argent, un touriste au sein de la masse. Pour me consoler j’ose croire qu’il existe une certaine échelle au sein de la masse et que par chance je suis resté vers le bas, bien loin du sommet, du sommet de la connerie.

Ainsi, avec la masse, à mon degré, je détruis. Les cadeaux que j’apporte, parfois malgré moi, s’appellent Mac Donald et Britney Spears… Tout ce qu’il y a de plus exécrable, tout ce dont la masse se délecte avec tant de joie, ici comme la bas. Les dés sont lancés, les jeux sont faits, rien ne va plus. Il n’y a pas de résistance, les victimes se sont engouffrées dans la brèche et elles achèvent elles même ce que nous avons commencé. Ce que j’ai amené, je n’ai plus besoin de le chercher, on me le donne à tous les coins de rue… « dvd, sex massage, watch… », le tout « cheaper cheaper ». 

Aujourd’hui, être touriste n’est bien trop souvent que source de destruction, qu’on le veuille ou non. Nous exportons notre culture, et celle-ci n’a que peu faire de la leur. Comment empêcher tout ceci ? Fermer les frontières ? Délivrer des permis de voyager suivant le degré de débilité ? Lire Bouvier et s’en contenter ? Ou tenter d’éduquer au voyage, inculquer savoir vivre et respect ?

On pourrait objecter qu’aujourd’hui n’est pas pire qu’hier, qu’ouverture et tourisme n’ont rien empiré. Si ce n’est pas pire, ce n’est cependant pas bien mieux. Le pire n’est jamais la bonne référence.

Philippe Lançon a peut être bien raison : tout ira mieux lorsque les avions auront disparu de notre ciel. « Sans avions, les voyages se mériteront de nouveau, ils devront être voulus, pensés. Ils présenteront des risques. Ils exigeront du temps. Ils seront des chemins plus que des destinations. »

En attendant, j’essaie de rester le plus possible en bas de l’échelle et je me délecte de tout ce qu’il reste à contempler.

Publié dans Dubitatif

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poupoulinette 31/01/2006 17:47

"la machine infernale " est en marche et seul les gens comme toi pourront l'arreter ! mais avant cela la prise de conscience est principale et ca me fait plaisir de voir mon cousin si concerné par le monde qui l'entoure ( meme si je le savais deja ... hi )
bisouxxxx ta cousinette du haut de ses ( bientot ) 15 ans !!!!!