Nizza Bella

Publié le par Gavroche

Voila. C’est fait. C’est fini. La page est tournée. J’en parlerai au passé. En franchissant les portes, je me retourne une dernière fois, je n’y remettrai peut être jamais les pieds.
Assis sur un banc, face à la mer, dos au Negresco, j’offre mon premier verre de rhum à la plage de galets. Je rempli mon gobelet et me laisse aller. Pêle-mêle ressurgissent des visages, des noms, des lieux, des sensations, des odeurs, des sons, des phrases, des images…

Tu glisses le loyer dans la boîte aux lettres, Mumu le proprio se charge de le collecter. J’enfourche ma longboard et chevauche la promenade des anglais, « hey Andy, wie geht’s ? », cheveux au vent, Sylvain Hatik en petites foulées. Big up aux casinos, à Thérèse ça squatte, la moquette absorbe les déchets, ce soir pour certains c’est live au volume, Girl I don’t know why les célibataires préfèrent Patrick Chardronnet. Paye ton cul paye ta chatte, race en C3, tu slalomes entre les putes, longes les double voire triple files, ma qué va fon coulo, ça parle arbre à choppes, t’es dans quelle assoc’ ? Tazillon au réveil, beurre de marakech pour le sommeil, le sémi c’est pas fini, c’est Corine Howarth qui l’a dit. Putain la cohérence, Curzi xp a le mot juste parfait, de Chesco à Point G en passant par after effects, Julien Moncel te guette, la bouteille à la main, la sirose n’est pas loin. Les blondes, Linda Brödd ou pas, gamins gominé gomina, Félix Goltz est tricard, la CCE c’est des fous et ces gadgis elles servent à tchi. Pilo au matin, c’est l’heure de faire trempette, tu croises le trav’ du coin de la rue, apéro en terrasse, Gino en peignoir c’est Franck Sinatra à « New Yoooork ». Maramé, les voisins ne sont pas racistes, ils n’aiment juste pas les bougnouls. Touche Edhec, praaaa Witte, Alex Ong est un polar, la Villa Arson a ses larrons. Dans le placard poussent des pieds, Henzo est botaniste, moi j’ai peu, peus, peut ou peux d’argent. Marina baie des anges, le bar à Absinthe n’est jamais loin, Villeneuve Loubet, Grasse ça parfume. On surf sur le blackboard, powerpoint pour Bizeuil, learning team et projet entreprendre, Jackson c’est mon pote, Lumbers il vient de T’ronto. Tu kif le temps, l’eau turquoise, plage le matin, Auron et Isola dans la foulée, Ride for Us, Marie Neige d’HPE est au taquet. Mario Moretti Polegato c’est la classe de Geox, challenge de légos, jeu de piste dans le jardin botanique, on fait connaissance avec Jean Eudes Montifio de Belair, on prépare sa chorégraphie et on loose. C’était le jour de la rentrée, il y a quatre ans. Aujourd’hui c’est le jour de la sortie. Nizza Muerda, Nizza Bella. Adieu ma belle, je parlerai de toi, ne t’en fais pas.

 
Sur la place Masséna, des militants PS distribuent leurs tracts. C’est les municipales, le film projeté sous un chapiteau me replonge dans les souvenirs du Nice que j’ai connu. Je fredonne ce petit air, les paroles ne pouvaient mieux tomber.



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Totti 14/03/2008 17:00

Merci, gab, de nous remettre la tête dans ce microcosme déjà éloigné. C'est clair que ce n'est pas plus mal d'avoir depuis pu "changer d'air". Allez, je me risque aussi à slamer pour me replonger dans cette épopée :Ce soir faut se déguiser, y a open bar ca va chopperSinon, si ça vous dit, on file à St Raph et on s'en met plein le paf! Allez sois pas fâné, t'es pas un AST!Grâce à la plongée, tu seras vite diplôméEt pis avec la Mauny, je te vois pas nobody!Franchement, ce serait con de tout mettre à la benneSérieux, vu ton potentiel, tu peux toucher plein d'cayennes!