Fondue chinoise

Publié le par zoën

En attendant des nouvelles de la Rome de Gino, faisons une excursion au Tibet. Le gouvernement de Hu Jintao interdit aux journalistes de se rendre sur les lieux. Les flics dépêchés sur place suggèrent à ceux qui s’y aventurent d’aller plutôt visiter la réserve de pandas. Faudra faire marcher l’imagination pour le Tibet. Alors avec Niko, on a décidé d’aller dans le Sichuan, province qui faisait historiquement partie du Tibet. Ca a l’air très beau aussi, le consul de France me confiait même que c’est sa région préférée. Et puis c’est moins loin de chez les beaux-parents. Quelques heures d’avion tout au plus.

Niko se sent de plus en plus Française, ou plus précisément moins étrangère. Mais elle a quand même besoin de ne pas être trop honteuse de son pays. L’imaginaire collectif Français, depuis très longtemps, lui fait bouffer pêle-mêle des rats, des poissons pourris, du chien, des fœtus et les baguettes avec.

Va expliquer que ces anecdotes (à part les chiens) correspondent à des situations historiques et géographiques exceptionnelles et ponctuelles. On te répondra que ce sont tous les mêmes : petits, bridés, timides, incompréhensibles, bruyants et grouillants, pollueurs corrompus, communistes prêts à vendre leur âme pour un salaire ridicule, copieurs sans imagination, businessmen escrocs sans panache, anthropophages hystériques. Face à ces créatures infernales, on recense deux îles peuplées de gentils petits anges dynamiques et bons en business english : Hong-Kong et Taiwan. Et puis il y a les victimes, candides, niaises même, mais aussi attendrissantes qu’un Pokemon blessé : des petits moines orange qui digèrent en lévitation dans la position du lotus, qui sourient en souffrant et qui dodelinent comme des autistes en lisant des préceptes bouddhistes. Il y a aussi les Mongols dans leur steppe et leur yourtes, mais eux sont moins à la mode. 

Dans ces conditions, c’est très facile de se positionner : les chinetoques nous concurrencent sur notre terrain, et en plus avec un gouvernement bien plus efficace que les nôtres, puisqu’en tant que dictature, il n’y a aucun besoin de mentir pour « soutenir l’économie ».Ils nous ressemblent trop, révèlent notre propre laideur. Alors que les petits chauves béats nous font rêver, ils sont le petit symbole à sauver pour continuer à détruire autour sans culpabiliser. Ce peuple est le garant de l’équilibre psychologique de nos sociétés. Et leur drapeau est tellement cool.

Le consensus est total. Si avec les Arabes, on est un peu gêné à cause de notre passé de colon, on peut laisser libre cours à notre sinophobie. Dans telle résidence universitaire lyonnaise, une affiche à l’entrée de la cuisine qui enjoint les chinois à être propres subsiste plusieurs semaines. Pourquoi pas un encart dans les couloirs imposant aux noirs de chuchoter ? Ah tiens, à Paris, on a fait sortir un chinois de sa voiture pour le poignarder à mort. Il faut voir ça comme un soutien de la cause tibétaine. 

C’est pourtant l’ensemble des chinois qui est victime de la répression du gouvernement. Les manifestations de chinois voulant défendre leur famille, leur maison, leur terre, leurs droits et leurs valeurs ne sont pas rares. Et la répression est la même : les militaires sont mobilisés, les manifestants massacrés ou emprisonnés. Qu’il s’agisse de minorités nationales ou de Han, ils sont tous frits avec la même huile.

 


Publié dans Société

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nobrain 28/03/2008 18:06

tres juste mon pti henhen... tout reste tres hypocrite, chez eux comme chez nous. Mais bon, si on peut faire bouger les choses a cette occasion, ca resterait une bonne chose de faite... bon trip en henalie en tout cas, on se check a ton retour