4l Trophysme et Maroquinade

Publié le par Ju l'indien

Ceci est le journal de bord de l?Equipage 232 tenu par J.V. durant le 4L Trophy 2006.


Après 7000km en 4l, je suis de nouveau dans mon lit à Nice pour écrire ce compte rendu. Quelle aventure pour y revenir...

Le 4l en 4 mots: de la grosse balle!

 
Nous sommes parti le Mercredi 15 à l?aube de Nice : après une courte nuit chez Anna, nous chargeons la voiture et démarrons. Après seulement 500m de route, le moteur est noyé : j?ai oublié de retirer le starter ! Nous sommes à un feu rouge, impossible de repartir : c?est la première fois que nous poussons la voiture?Après un appel à notre garagiste et quelques conseils de celui-ci, nous repartons direction Bordeaux.


Nous sommes convoqué pour les formalités administratives et techniques le Jeudi 16. Nous passons le contrôle technique sans embages. Je cache mon poignet cassé dans une casquette lors de la « visite médicale » éclair. Nous quittons le village pré-départ avec l?objectif de rallier le sud de l?Espagne le plus vite possible pour s?y reposer en attendant le véritable départ.
                Après une traversée de l'Espagne en 2 jours avec un arrêt gastronomique a Madrid, une nuit glaciale dans la voiture sur une aire d?autoroute, des dizaines de 4l croisées sur les autoroutes, nous arrivons à Algéciras (extrême sud d'où l?on doit prendre le ferry pour traverser le détroit de Gibraltar jusqu?à Tanger). L?ambiance de la ville fait déjà penser au
Maroc : les gens parlent arabe autant qu?espagnol, quelques locaux déambulent en djellaba dans les rues?

 

A partir du Samedi 18, la ville est prise d'assaut par des 4l de la France entière: 670 équipages de 2 étudiants, représentés par 670 véhicules customisés et bariolés qui viennent passé une dernière nuit dans le confort relatif d?un « hostal » ou d?une « pension ». On commence déjà à repérer les voitures stars de l?édition 2006 : une voiture fourrure (seule le pare brise et les fenêtres sont épargnées par la fourrure blanche qui la recouvre), un buggy décapotable surélevé, deux 4ls pick-up sponsorisés par Renault F1 Team. Notre voiture suscite de nombreux commentaires aussi : plaque de désensablage riftées au capot, pneus de secours sur le toit, des poignées sur la caisse pour la soulever, jantes et pneus de Renault Alpine, feux antibrouillards et phare safari sur le toit. Anna et moi dînons dans un excellent bar à tapas et  allons nous coucher vers 23h.

Dimanche 15 : Réveil à 4h pour rejoindre nos camarades qui klaxonnent sous la pluie du port en attendant l?embarquement. Cette
première « klaxonnade » générale incroyablement assourdissante (il y en aura malheureusement bien d?autres) est l?occasion de s?apercevoir de l?inventivité de tous ces équipages qui ont installé de sons de klaxons souvent surprenant (et désagréable) sur leur monture. Un trajet chahuté sur les eaux méditerranéennes nous rapproche un peu plus de notre objectif?

 Nous y voilà enfin : Tanger, la cité portuaire du Maroc. Le temps de changer quelques devises et nous prenons la route sous les regards des marocains de la ville qui profitent du « bal des 4ls ». Nous devons rejoindre un premier bivouac au sud de Fès : après une centaine de kilomètres, alors que je suis au volant, je ressens des trous d?accélération en pleine ligne droite. Je m?arrête sur le bas coté, immédiatement rejoins par d?autres équipages venus nous aider. Cela semble être cet « esprit 4l Trophy » dont les organisateurs ont parlé au briefing d?Algeciras : l?entraide et la solidarité entre les équipages. Plus d?une dizaine d?étudiants s?arrêteront pour nous aider jusqu?à ce que l?un d?entre eux trouve la raison de notre mésaventure. Notre bouchon de réservoir. Sous une pluie intermittente, nous arrivons au premier bivouac dans les 300 premiers. Le d?essence ne laisse pas passer d?air et de ce fait, la pompe à essence n?aspire plus assez d?essence. Nous repartons donc, sans savoir encore que nous venons de résoudre le seul problème mécanique de notre voyage. Suivant les indications du road book, nous traversons des campagnes entières étonnamment vertes : j'oserai la comparaison avec des vallons normands tant les paysages rappellent les bocages, les prés et champs de nos provinces temps de poser notre tente, et nous filons sous les tentes berbères déployées pour les 1500 participants et organisateurs. Nous retrouvons un équipage qui nous a aidé dans la journée et dînons avec eux d'un premier tagine. La pluie redouble et s'éloigner des tentes devient périlleux : nous sommes désormais dans un champ de boue rouge (couleur de la terre) et les glissades se multiplient? La température se rafraîchit, nous sommes rassasiés, le départ est fixé tôt demain matin : nous saluons nos compagnons d?un soir (nous ne les recroiserons qu'une fois jusqu'à Marrakech) et nous dirigeons vers notre petite habitation (une tente Quechua « 2 secondes », 2 places). La tente est mouillée à l'intérieur, Anna préfère aller dormir dans la voiture : je m?installe dans la tente, découvre que j?ai perdu mon collant polaire sur le chemin voiture-tente et que mon sac de couchage ne se ferme pas. La pluie est continue et diluvienne, je n?envisage même plus de retourner à la voiture, je m?arme de courage et me prépare à une nuit de lutte contre le froid. Je dors quelques heures par parties mais à 4h, le froid et mon sac de couchage trempé m?empêche de croire à un rendormissement éventuel. En revanche, il ne pleut plus. Je sors de la tente : le ciel est constellé d?étoiles, la boue, plus glissante que jamais mais j?aperçois une lueur au loin. Il s?agit d?un feu autour duquel un marocain en combinaison « Desertours-Assistance Mécanique » se réchauffe. Il me propose de m?installer et malgré la barrière de la langue nous essayons de communiquer : il est mécanicien sur le 4l Trophy, me dit qu?il a pas dormi encore parce que il n?y a pas de logement prévu pour les mécanos. J'ai l?impression qu?il est un peu exploiter : il me dit malgré tout qu?il est content, il a fait parti de l?équipe du Dakar, maintenant le 4l, ça fait du travail, les étudiants sont plus sympas selon lui. C?est vrai que le deal lors d?une assistance mécanique c?est de payer une bière, une cigarette ou un verre au mécanicien et tous les participants s?y plient avec plaisir. A 5h débarque une floppée de concurrents pensant arrivés pour le briefing de 6h : c?était sans compter l?heure de décalage horaire. Je reste avec mon compagnon marocain pendant que commence le petit déjeuner. Après mon deuxième thé, une sirène retentit à l?autre bout du bivouac annonçant le briefing matinal : tout le monde s?y dirige. Après trois mots d?encouragement et des prévisions météorologiques plus clémentes pour les jours suivants, chacun se dirige vers sa voiture et fait rugir son moteur.

 On est le lundi 20 février : deux pistes et 300km sont prévus pour aujourd?hui. Après une heure de route nous nous retrouvons à traversé une montagne : Cinq centimètres de neige tout autour de nous. Ce manteau blanc s?étend à perte de vue. Après la Normandie , nous voilà donc dans les Alpes?Comble de cet épisode montagnard : le col nous permettant de rejoindre la première piste est fermé pour enneigement massif. 500 voitures sont alors bloquées sur la route. Les premiers échanges entre participants mais surtout avec des marocains. Beaucoup passent de voiture en voiture demandant qui un stylo, qui un tee-shirt ou une casquette, qui à manger ou à boire. Certains sont agressifs, d?autres réjouis de voir passer nos voitures. Dans un même village, certains lanceront des cailloux sur les voitures (des gens ont vu leur pare-brise cassé par des jets de pierres), tandis que d?autres nous encouragerons d?un grand sourire et d?un pouce levé. Nous distribuons quelques stylos, un concert de klaxons souligne l?anniversaire d?un participant, le col est rouvert mais nous allons directement au départ de la deuxième piste par la route. Une centaine de km après la neige, nous arrivons dans le paysage qui caractérisera le reste de notre voyage : un erg, désert de pierre. Des étendues infinies de cailloux, bordées d?immenses rochers ocre/rouge. C?est par cette « route 66 » marocaine que nous arrivons à notre premier Check point.

 On relève notre kilométrage et nous voilà engagé sur notre première piste. Nous suivons un concurrent qui semble prudent : de nombreux franchissements d?oueds, trous, bosses plus tard nous nous retrouvons au pied du col de Belkacem, reconnu comme la grosse difficulté du 4l Trophy. C?est un épreuve jugée par l?organisation : 400m de montée raide : pas de route, que des cailloux !!! Anna est au volant, je maintiens la première pour pas qu?elle saute avec un choc et c?est parti. Trente secondes d?effort auront suffi pour arriver au sommet, encouragé par une foule d?organisateurs. La redescente est plus facile, bien que technique : quelques pierres toucheront nos plaques de protection mais rien de grave. Dans un village, nous calons : une nuée d?enfants viennent à notre rencontre. Au moment où j?ouvre le coffre pour chercher les objets de leurs demandes (des stylos), le combat commence pour prendre le plus de stylos possibles, ou pour embarquer un paquet de gâteaux ou de chips. Un adulte hurlera et ils me rendront la nourriture. La voiture repart au premier coup de clé. Encore quelques kilomètres et nous rejoignons notre deuxième bivouac, posé au bord d?un oued, en bout d?une palmeraie, à Tazougherte.

 Le temps est clément ce soir : il est 17h30, nous nettoyons succinctement la voiture et profitons des derniers rayons de soleil pour faire sécher nos affaires de la veille. Nous rejoignons les tentes-cuisines pour une chorba (soupe marocaine) et un agneau aux légumes. Nous faisons une nouvelle rencontre éphémère le temps d?un dîner : un couple de montpelliérain qui m?invitera à une vodka digestive alors qu?Anna ira se coucher. Après quelques verres avec eux, un JT diffusé près du feu, je rejoins Anna qui dort déjà dans la tente.

 Nous nous réveillons le lendemain avec l?agitation naissante du bivouac. Certains réparent, d?autres rangent, plient les tentes, petit déjeunent, font leur toilettes, s?habillent, cherchent des amis?Après deux thés et le briefing matinal dorénavant habituels, nous partons en direction de Merzouga. Une étape courte mais sublime : Nous empruntons d?abord la route, longeant une vallée de plusieurs kilomètres où coule un oued sinueux. C?est une véritable oasis qui s?est développée au bord de cette source d?eau providentielle : une palmeraie gigantesque s?étalant sur plusieurs kilomètres, parsemée de villages. Après un plein d?essence dans une station bondée, nous arrivons au départ de la piste du jour : les premiers kilomètres sont très roulant ; des 4ls lancées à 90km/h sont dispersées sur les pistes parallèles. Puis la difficulté du jour surgit : le bac à sable. 150m de fesh fesh, sable mou du désert. Le but est de gardé une vitesse suffisante et continue pour ne pas s?enliser. On s?élance, prenant le même chemin qu?une autre 4l qui se retrouve bloquée au milieu de l?obstacle. Impossible de l?éviter, je freine, on est enlisé. Je sors de la voiture et découvre une cinquantaine de voitures dans la même situation. Je pousse un équipage qui vient de s?enliser, puis un autre et enfin, notre tour arrive : on assure notre désensablage en utilisant nos chaînes et on s?élance pour la suite de la piste. Nous atteignons le bivouac en début d?après-midi dans les 200 premiers. Le temps de nettoyer le filtres à air et de refaire le plein et nous voilà engager pour la deuxième épreuve notée : le parcours de dunes : un « huit » de 700m entre les dunes. Anna prend le volant et s?en sort brillamment sans enlisement ni arrêt. Nous passons l?après-midi au soleil tandis que les concurrents arrivent progressivement et que la queue pour le circuit de dunes s?agrandit démesurément. Nous fumons une de ces cigarettes locales qui redonnent le sourire en lisant, discutant avec des gens, regardant ceux qui font du cerf volant ou du snow dans le sable.

 

 

 

 

 

Dans la soirée, Anna part prendre sa douche (2h de queue pour six minutes d?eau chaude, dix douches pour 1500?), ratant le briefing et le JT du jour. Nous remettons nos fournitures à l?Unicef Maroc (plus de 30 tonnes au total des participants) qui sont distribuées dans la soirée à des enfants venus des villages alentours. Le dîner est particulièrement copieux et excellent : un tagine d?agneau désossé au petits pois. Un concert vaguement traditionnel est organisé près du feu, nous allons nous coucher. Anna ne sait plus où elle a planté la tente et ne la retrouvera que vingt minutes plus tard avec l?aide d?un autre étudiant.

 Je me réveille vers 6h30 le mercredi 22. Juste pour un lever de soleil sur les dunes de sables. Certains courageux ont été le voir sur une de ces dunes (30 à 40 minutes pour gravir la dune). Je bois mon thé, et retourne réveiller Anna alors qu?une fine pluie nous rafraîchi. Nous replions notre tente et arrivé à la voiture, la pluie s?arrête. Au programme du jour, rassemblement de toutes les voitures au pied des dunes pour une photo souvenir puis course d?orientation.

 Après 2h de prises de vue, nous partons. Evidemment, les 600 voitures créent un embouteillage jusqu?au Check point de départ. 126 km de pistes pour rejoindre la passe de Marech. Quasiment pas une habitation, pas une maison. Par contre, des vendeurs touaregs sortis de nulle part nous proposent régulièrement des objets locaux : pierres et pendentifs. Après une longue piste parsemée d?embûches nous traversons un nouveau « bac à sable » avec l?aide d?un autre équipage. Nous dégonflons un peu les pneus afin de mieux gérer les prochaines sessions de dunes. Un homme de l?organisation nous met en garde contre une tempête de sable qui risque de nous gêner pour trouver le bivouac. Nous avançons prudemment en suivant un groupe de 4ls. Nos chemins divergent, nous choisissons une autre direction et nous rencontrons un nouveau groupe de concurrents. Nous les suivons un moment et à nouveau nous séparons. Nous voilà seuls au milieu d?une petite tempête, cherchant notre chemin à la boussole. Après quelques km à l?aveuglette, nous sortons du vent de sable et faisons face à une plaine à la végétation éparse et sèche. La voiture chauffe nous forçant à des pauses fréquentes : on voit à nouveau passer, au loin, des 4ls solitaires ou en banc qui filent vers une faille de cette montagne. Nous les suivons et arrivons au dernier bivouac qui est établi dans ce défilé. L?organisation des bivouacs a toujours été toujours la même : un espace assistance technique où les bruits de soudure, déboulonnage et de marteaux se font entendre tard dans la nuit. Un immense parking plus ou moins sauvagement organisé, un espace qualifié de confortable (entendez : où il y a le moins de pierre) où s?entasse des tentes de toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les formes, et un espace commun où, autour des feux, sont rassemblées les tentes-salle à manger, les tentes-cuisine, les animations (JT, briefing, concert?).

 Des touaregs (en tout cas des marocains en tenue touaregs) sillonnent les allées du bivouac en vendant chechs colorés, tuniques, bracelets et colliers à des prix exorbitants. Jusqu'à 9 fois plus cher que dans le souk de Marrakech. Nous sommes des portes monnaie sur pattes. Anna achètera après une longue négociation un bracelet 6 fois plus cher que le même modèle à Marrakech. Mais enfin, cela fait un peu parti du folklore.

 Un dernier dîner avec un équipage rencontré au buffet et nous allons nous coucher, notre sommeil rythmé par le bruit de la pompe à eau située à coté des tentes.

 Le jeudi 23, je jette un coup d??il au classement général en sirotant le thé du matin : nous sommes 21ème mais le classement n?englobe pas la dernière étape. Nous apprendrons plus tard que nous étions premier à ce moment de la course. Anna me convint d?attendre trois équipages niçois pour rouler avec eux. Ils doivent réparer une de leur voiture et nous quittons le campement à 11h quasiment en dernier. La voiture réparée fait 200 mètres et tombe en panne. La solution ultime pour la faire rouler consiste à déplacer le réservoir d?essence : il est désormais entre les genoux de la co-pilote avec un durite traversant la boite à gant pour rejoindre le moteur. Nous sommes reparti après dix minutes de bricolage. Nous discutons avec Anna et chemin faisant, nous perdons nos acolytes au milieu d?une grande plaine désertique. Un peu paniqué par la route de plus en plus chaotique, l?absence de 4l dans les alentours, nous nous enlisons dan un oued asséché. Malgré nos chaînes et nos pneus dégonflés, nous devons solliciter l?aide de la voiture balai pour nous sortir de ce mauvais pas. Ils nous poussent, nous sommes reparti, toujours personnes en vue et c?est seulement après 60km de pistes caillouteuses que nous retrouvons le goudron. Nous traversons quelques villages, nous arrêtant parfois pour distribuer des stylos. Nous rejoignons le Check point de la deuxième piste : elle dure 90km et nous devons passer la nuit à l?endroit où nous serons au coucher du soleil. Il y a interdiction de rouler de nuit. Après 40 km en 2heures et demi, nous nous arrêtons pour préparer notre petit campement. Une voiture viendra s?installer avec nous : un couple d?étudiants en physique à Lyon. Pendant une heure, j?ai l?impression de créer une communauté : tous nos échanges se limitent aux travaux importants : Anna prépare une salade, je cherche du petit bois, le physicien coupe des buches, son amie fais des pates. Puis tout est installé, le dîner est prêt et enfin, nous nous rassemblons et échangeons quelques idées. Notre feu n?est pas très vaillant, le froid regagne son territoire, nous regardons les étoiles, commentées et expliquées par notre camarade physicien puis nous nous couchons après encore quelques rires et pages de lecture.

 

 

 

 

 

Réveil vendredi 24 à 6h. Nous rangeons tout, effaçons les traces de notre passage, saluons nos camarades d?un soir et reprenons notre piste. Soumis au flou matinal, nous perdons la piste. Nous allons tout droit vers un village qui se dessine au loin. Nous passons par une autre piste défoncée, qui20 km en raison de la taille des cailloux, nous slalomons entre les arbres desséchés. Enfin, nous sommes dans le village que nous visions : on s?arrête, interrogeons des enfants sur la route à prendre et distribuons, un peu sous pression, quelques stylos. Nous rejoignons le goudron et demandons à nouveau notre chemin. Le Check point est à quelques kilomètres, et après, c?est 8 heures de route pour atteindre Marrakech. Notre pointage kilométrique est assez mauvais, 23 km de plus que prévu par le road book. Nous roulons vers Ouarzazate, nous éloignant du désert. On s?arrête pour un café, je discute avec des habitants du village sur les effets du 4L pour eux : ils s?en accommodent, certains en profitent (commerçants, pompistes, restaurants?) mais c?est aussi une énorme contrainte. Il passe en une journée dans leur village plus de véhicules qu?en un mois habituellement! Certains concurrents ne s?arrêtent pas pour donner les fournitures : ils jettent stylos, tee-shirts, casquettes ou ballon quand ils voient un enfant sur le bord de la route, comme on jetterait de la nourriture au zoo !!! 

 Nous poursuivons notre route vers Marrakech. Nous passons par le col du Tichka à plus de 2000 mètres, ralentissant dans les montées et reprenant de la vitesse dans les descentes. Notre pot d?échappement n?a pas résisté au champ de pierres du matin : il s?est détaché en un endroit. Je le re-scotche durant notre pause déjeuner. Un tagine et une salade dans la montagne. Nous regardons passé les 4ls en discutant. Certains klaxonnent en passant, la majorité nous salue de la main. Encore quelques heures de route et nous voilà à Marrakech. Nous arrivons à l?hôtel vers 16h30 pour une douche chaude trop attendue. Nous avons le temps de faire un tour dans le souk, de prendre un jus d?orange place Jamaa El Fnâ, de grignoter quelques noix de cajou, pour moi, de retrouver toute ces choses qui me font aimer cette ville : l?agitation de cette place, grouillante de gens rassemblé par les conteurs d?histoire, les vendeurs d?épices, les charmeurs de serpent, les danseurs ; les marocains hâbleurs et commerçants mais en général chaleureux, les maisons ocres en piseh, les odeurs de viandes grillées prêt des stands de nourriture, l?appel du muezzin, relayé par toutes les mosquées de la ville?Nous retournons à l?hôtel pour dîner. En discutant avec nos voisins de table, nous apprenons qu?il y a eu un accident sur la route : une 4l est sorti de la route dans la montagne. Les deux pilotes sont indemnes mais leur voiture est irréparable.

 Nous nous couchons épuisés, la course est déjà finie, j?ai l?impression d?avoir quitté Nice il y a une éternité. Tout a été tellement dense. Je repasse en revue les bons et moins bons moments : avec Anna, tout s?est trop bien passé. Une entente géniale, des bonnes rigolades, des petits énervements mais sans gravité? Les paysages ont été sublimes et vraiment très variés toute la semaine. Un petit regret : je n?avais plus de batterie sur mon appareil photo !

 Nous profitons de notre journée entière à Marrakech : achats plus ou moins heureux dans le souk, déjeuner dans la médina, ballade puis massage et hammam pour Anna, mon bras plâtré m?empêchant ces folies douces. Le soir, nous rejoignons nos pairs à la fantasia « Chez Ali » où nous attends un spectacle pour touristes : chants et danses traditionnels se succèdent à grande vitesse dans notre salle à manger comme si on voulait nous faire découvrir tous les folklores du Maroc en le moins de temps possible. Le dîner englouti, nous récupérons un diplôme nous félicitant pour notre participation au 4l Trophy (toujours bon pour un CV) et nous rentrons. 

 Dimanche 26 février : le jour du retour. Après le réveil et un petit déjeuner continental, nous reprenons la route en direction de Tanger pour attraper le bateau de 17h. Nous arrivons au port à 16h30, et attendons l?embarquement jusqu?à 19h30. Une sieste dans le bateau nous permettra de rouler en Espagne de 1h jusqu?à 4h30 du matin. Vers 3h, nous avons croisé un équipage sur le bord de l?autoroute qui changeait un pneu dans le froid glacial?

 A 6h30 le lundi 27, nous reprenons l?autoroute direction Nice via Valencia, Barcelona, Montpellier et Marseille. Nous croiserons des 4ls tout au long de notre retour (à chaque fois un coup de klaxon ou un salut ; on s?en souvient, c?est l?usage). Après 20 heures de route nous arrivons à Nice, L?aventure est terminée.

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, c?était un très bref aperçu de ce qu?a été notre quinzaine en Renault 4.

 

Epilogue : Nous avons terminé 134ème sur 672 4ls au départ.

Publié dans Vagabond

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ritalo 21/05/2006 17:59

C'est bien; fluide et ca fait vraiment voyager!
Je l'ai enfin lu.

Johannes 05/03/2006 15:12

Augmente la police Gab, c'est chaud à lire comme ca!!++ Jo