Défragmenté

Publié le par henhen

La planète n'est pas ronde.

  De l'autre côté de la planète, le cerveau à l'envers, les sens diffèrent. Dans le doute, les souvenirs et les fantasmes se marient pour façonner ma vérité. Des DELs jaunes, puis rouges, puis bleues. Les traductions sont vaines, les mots ne s'équivalent pas, les sens ne se croisent pas. Seule l'humanité nous unit. Nous dansons de façon similaire, dans nos rêves. Sans conscience de l'espace. De la rave au disco,  de l'opéra au rap chinois, nous sommes des squelettes. Nos os se chevauchent. Des segments qui se croisent, qui cliquètent et qui se joignent. Je vois notre essence, je vois que nous ne savons pas comment être. Bleu, rouge, vert, rouge, violet !Cliquer sur le titre pour lire la suite

Les choses se répètent. En Chine, pour la 2ème fois, je comprends le berceau de l'humanité. Je me retrouve sans rien, à tout découvrir, le sens des couleurs. Le sens du son, le sens accompagné par le son et les couleurs. Les gens sont des traits jaunes sur une console basique. Mon corps n'est pas plus signifiant que celui des autres. D'ailleurs, je danse comme eux. Constellation d'os. Je suis défragmenté. Chaque fragment se plie en fonction du son. Comme tout le monde. Les choses qui se disent - fussent en chinois- sont déjà su, déjà écrites. Je connais mais je ne sais pas. Rationaliser serait simpliste. Il me faut accepter les forces qui nous surmontent. Elles nous dictent notre comportement. Savoir faire le pont entre la France et la Chine m'est impossible. Traduire est sûrement une falsification. Les forces – peut-être magnétiques – imposent une autre relation au réel, sûrement complémentaires. Les drogues révèlent la civilisation ? Mes préférences disparaissent, mes molécules – les traits jaunes- me guident, comme pour les autres, plus ou moins consciemment.

Publié dans Psyché

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