15 jours à l'export

Publié le par hen

Du train, on saute dans la navette affrétée par l’hôtel. De l’hôtel, on dévore une « grande assiette » avant de se blottir dans le lit King size. On reprend le lendemain avec un petit déj Continental en compagnie d’hôtesses de l’air noires géantes. Le buffet est tellement fourni que je m’y perds, j’énumère les types de thé, en chaparde un échantillon de chaque, détaille les pots de confiture, soulève les couvercles de casseroles fumantes, compare les graines des petits pains, hume les saucisses, jauge les céréales. Pendant ma flânerie, je suis alerté par une épaisse fumée noire qui s’échappe du grille-pain : mes brioches tranchées ont carbonisé, ce qui fait bien rire les perches en uniforme.Cliquer sur le titre pour lire la suite

De la navette Accor, on check-in, on se fait palper, contrôler, vérifier, valider. Avant le boarding, on passe au salon Artemis pour voyageurs Madras. On sourit, on se fait contrôler : validé. Le buffet est encore plus impressionnant, ce doit être un « intercontinental ». En plus du sucré (jus, confitures, miel, céréales, fruits secs…, du salé (saucisses, chips, œufs…) et des produits laitiers (yaourts blancs, au fruits, au chocolat, Activia, Actimel…) on a le choix de tous les cafés et assimilés (Ristretto, espresso court ou long, cappuccino, cafelatte…), de tous les alcools et de tous les journaux qui passionnent les voyageurs Madras (Golf magazine, wealth magazine, La Tribune, the Herald Tribune, Luxe magazine, Villas de rêves et spa magazines…). J’augmente ma collec’ de thé. 

Du boarding, on s’asseoit en business, ça a l’air de faire de l’effet à une mignonnette blanche non-géante assise en économique. Là, le buffet vient à nous : champagne ? non, c’est encore trop tôt. On commence par 1 jus de goyave, puis 1 espresso, non 2, puis 1 ti’punch, non 2, puis 1 repas servi en plusieurs fois, avec du vin, blanc, puis rouge. Ensuite 1 dijo, des films, des cafés, des jus, des collations, des serviettes rafraîchissantes, 1 petite branlette dans les chiottes à cause de « Plateforme » de Houellebecq que je bouquine pendant le vol… non 2. A chaque passage aux toilettes, la mignonnette prend un air complice : à croire qu’elle est extra-lucide, ou alors elle lit le même livre que moi.

De la navette Europcar, on s’installe dans la BMW, elle séduit instantanément Pascal.Ca sera peut-être même sa prochaine voiture de fonction, plutôt qu’une mercedes. Moi, je remarque surtout les habitantes qui attendent à l’hombre un peu partout. Qu’elles aient 13 ou 40 ans, elles sont pulpeuses, lascives et couvertes de sueur sous le soleil de plomb. Elles ont un air si disponibles… J’ai bientôt fini Houellebecq. Toutes ces petites putes Thaïes évadées du livre vont disparaître. 

De la place de parking trop petite pour la grosse allemande, on s’engouffre dans le hall sur-climatisé de l’hôtel de Pointe-à-Pitre. On check-in. Vérifié, signé, validé. Un bellâtre noir nous tend des serviettes rafraîchissantes, puis un verre de goyave – pas très original. Pascal s’entretient avec le patron de l’hôtel blanc non-obèse. Ils se connaissent bien, ils sont tous les deux CCE, une organisation de spécialistes des buffets gratuits et du commerce extérieur. Ca parle qualité de service des différentes compagnies aériennes, réseau CCE et projet de bateaux-navettes qui relieront les hôtels ACCOR de l’archipel et l’aéroport pour éviter l’épuisement des pingouins ventripotents.

Publié dans Dubitatif

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