La cuvée finance 2008

Publié le par Gabo

Faut quand même se le dire, c’est vraiment pas de bol ! Ah ca non, sur ce coup, il n’a pas été bien chanceux. Faire une Business School et être diplômé en 2008, c’était vraiment pas le bon plan. Car maintenant que ses études sont terminées, il lui faut trouver du travail et de préférence dans sa branche. Or sa branche c’est la finance, et le hic c’est qu’un paquet de connards l’a scié avant qu’il n’ait le temps de s’asseoir dessus. Ils font quand même chier ces types qui ont foutu la merde dans son marché du travail (et pas que dans le sien ceci dit).  Car chez les banques qu’il convoitait, la tendance est maintenant à la débauche. Bon ça finira bien par changer, ce n’est qu’une crise après tout. Mais quand même, lui il n’a rien demandé ! Il avait juste envie de faire joujou avec les chiffres, exactement comme eux. Sauf qu’entre temps ces gros nuls ils ont cassé tous les jouets !

Il n’est pas seul dans ce cas. Des étudiants de Business School, cuvée finance 2008, y en a des millions dans le monde ! Et ce n’est pas sans lui poser problème d’ailleurs, car cette année il n’y aura que très peu d’élus. La compétition il connaît, mais cette fois-ci, le jour de l’entretien, il devra en bouffer pas mal des concurrents pour espérer faire partie de la maison. Et au fait, le jour de l’entretien, qu’est ce qu’il va bien pouvoir leur dire pour les convaincre ? Le discours habituel du genre : « je suis un hard worker, my passion c’est de maximiser des profits, j’ai un real appeal pour le cash » ? Ou croyez vous qu’il va leur parler de moraliser le capitalisme financier ? Qu’il dira qu’il est intransigeant devant des créances douteuses ? Qu’il est hors de question qu’il spécule sur le prix des denrées alimentaires ? Ah, ça serait quand même bien culoté de sa part ! Mais bon, ce serait renier tout ce qu’on lui a appris, ce dans quoi il a baigné, ce pour quoi il s’est tant battu. Et bordel, faut pas l’oublier ça putain ! Lui ce qu’il veut c’est être un trader, un golden boy, c’est faire un max de pognon, c’est son rêve de gosse et c’est pour ça qu’il a fait une Business School ! Bon d’accord, histoire de leur montrer qu’il a quand même bien retenu la leçon de la crise, il leur glissera la petite phrase « je manage les risks et j’ai conscience qu’il faut respecter une certaine éthique de travail ». Et hop le tour est joué ! Mais franchement, entre nous, il sait bien que son employeur n’en a rien à branler de ce tralala moral et éthique. Les banques sont dans la merde, et les seules questions qui comptent c’est de faire rentrer des liquidités, de se débarrasser de créances puantes et de faire gaffe dans quoi on investit. Mais bon, une fois la tempête passée, il va de soi qu’on se remettra bien à table et qu’on commandera la traditionnelle orgie.

La bourse c’est du gavage, c’est s’en mettre plein la panse, c’est bouffer jusqu’à ce qu’on dégueule. Puis on recommence. Et ne comptez pas sur nous autres de la Business School, les malchanceux de la promo 2008, pour y changer quoi que ce soit. On attendra le temps qu’il faut, mais promis, nous aussi on se gavera ! 

Publié dans Société

Commenter cet article

Ju l'indien 13/10/2008 23:37

True story ciccio!!!!