Lutte musclée contre le tabagisme

Publié le par hen

Le quotidien DNA India à Mumbai du 21/01/09 rapporte que l'hôpital public SSKM affiche un message sans ambiguités à l'entrée de ses locaux : "you will be beaten up if you enter this hospital chewing gutkha, paan and paan-masala or smoke". L'administration de la clinique reconnait la violence du message, mais ce n'est que pour souligner dans la foulée l'efficacité de la méthode : "le message a porté ses fruits : déjà 3 ou 4 personnes ont été pris et avertis".

L'histoire ne dit pas si les contrevenants ont survécu à "l'avertissement".

 

En Inde, la cigarette est interdite dans les lieux publics depuis quelques mois seulement. Cette interdiction n'a pas rendu l'air plus respirable, et les maladies respiratoires - dues aux gaz d'échappement des vieux moteurs deux temps et à l'utilisation de carburants illégaux (tel le Katatel) - sont en constante augmentation. La dernière tentative de réglementation des véhicules à moteur et de leur émission de CO2 dans le Bengale Occidental s'est soldée par une immense grêve des rickshaws qui a fait reculer le gouvernement.

 

En revanche, la cigarette - à laquelle on préfère la chique ou le paan, est l'objet d'un rejet violent. Plus que les autorités, ce sont les citoyens qui font la chasse au fumeur jusque dans la rue. C'est le cas d'un motard qui, au milieu d'un embouteillage suffocant, interpelle un piéton pour lui ordonner d'éteindre sa cigarette. Ou du chauffeur d'un vieux modèle de rickshaw très polluant qui menace de faire descendre son passager s'il n'éteint pas sa cigarette.

 

Heureusement, des lieux de résistance subsistent, au premier rang desquels les universités. Comme en France, les étudiants et universitaires sont les garants d'un certain contre-pouvoir libertaire face à la tendance sécuritaire et autoritaire du gouvernement justifiée par les menaces terroristes. Dans les deux plus grandes universités de la région (les universités de Calcutta et de Jadavpur), les étudiants et étudiantes fument dans les couloirs, les professeurs consumment les heures creuses dans leur bureau à refaire le monde, alternant cigarettes, thés au lait et sucreries bengalies.

Publié dans Société

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