Mon journal intime...

Publié le par gabo

En cette fin de deuxième année dans notre chère école, je retrouve cette petite note... navrant de constater que rien à changé depuis !

L’heure du bilan a sonné. La fin du premier trimestre approche, il faut faire le point de notre parcours effectué. Où en suis-je donc dans l’apprentissage de mon futur métier de manager ? D’après mon cher log book, afin de me situer dans ce processus d’apprentissage il est nécessaire de rédiger une synthèse, synthèse qui mettra en évidence mon attitude vis-à-vis des différents obstacles rencontrés au cours de ce premier trimestre. Voici donc en quelques points un aperçu de mes pistes de réflexions qui ont essentiellement porté sur ma perception de l’Edhec.

 

 

Dire que je n’ai rien appris est en fait de mauvaise foi. Cela va faire trois mois que j’apprends à vivre dans une secte à ciel ouvert : l’Edhec. Pour la modique somme de 30 000 euros, chaque membre peut bénéficier de l’intégralité des services Edhec pour la vie entière ! J’ai personnellement souscrit à ce forfait, et il faut dire que pour le moment je ne suis pas déçu. Mes 16 heures de cours par semaine sont répartis de sorte que je ne puisse sortir de l’enceinte de la secte. Tout est fait pour que le membre dévoue sa vie entière à l’Edhec : une adresse e-mail Edhec qui le traque en permanence, des associations qui ponctuent sa vie hors de l’enceinte, un blackboard qui guette sa moindre minute de répit, un self learning program l’obligeant à venir de lui-même dans le sanctuaire… « Soyez fier d’être Edhec », « Ayez un comportement Edhec », « Représentez l’Edhec, où que vous alliez »… Voici les slogans martelés par les gourous, et il semble que cette stratégie porte ses fruits : la révolte première de certains membres s’estompe progressivement et tous finissent bien par accepter cette soumission. Non seulement ces membres acceptent cette soumission, mais en plus ils la cultivent : un tiers des Edhec se marient entre eux…

 

La liste des merveilles que recèle l’Edhec est encore bien longue, mais si je veux devenir un véritable manager digne de l’Edhec, un manager du vent, je dois me concentrer sur mon comportement vis-à-vis de ces expériences. Car afin d’acquérir ces compétences managériales, une introspection fera l’affaire ! En effet, apprendre à manager, c’est apprendre à coucher ses pensées sur le papier… De la réflexion naît l’action ! Chers étudiants, nous sommes tous des managers nés, écrivez et vous serez ! J’écris, donc je suis ! Vive la maïeutique, Vive le self learning, Vive l’Edhec !

 

Le contenu des cours est pauvre ici. La richesse des cours enseignés pendant mes deux années de classe préparatoire contraste réellement avec la pauvreté des cours de cette année. Progressivement je perds tous mes acquis en économie (rien à voir avec celle de Ben Youssef), sociologie, histoire, philosophie… Bien sûr, désormais je suis dans une Business School et je dois apprendre à être efficace sur le terrain ! Soit, mais qu’ai-je appris depuis le début de ma scolarité à l’Edhec ? Rien, ou très peu : faire un power point, utiliser ma clé USB, vulgariser l’économie pour la rendre accessible à la ménagère de cinquante ans, checker mes mails, surfer sur le blackboard… A y regarder de près, je n’ai rien appris, mais par contre j’ai beaucoup perdu. On m’avait pourtant bien prévenu, un des grands gourous responsables du réseau des Edhec affirmait : « l’Edhec c’est moins un enseignement qu’une marque de fabrique »… Chers étudiants, sachez donc que vous n’êtes qu’un bout de viande qui au bout de quatre années pourra se vanter d’être certifié par le label Edhec, label qui au fond n’est pas si distinct du label Charal.

Publié dans Dubitatif

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laurent 23/05/2006 18:22

c'est la note mascotte des années edhec....
Au fait, t'as fait une petite erreur d'interpretation en simplifiant trop "la vie bien remplie": auto portrait PARTIEL et je suis concerné par les deux persos. je ne t"en veux pas.