Learning teams et poudre aux yeux.

Publié le par henzo

Où le « savoir faire faire » est une religion inculquée par des coaches psychologues de bas étage, les nouveaux prêtres de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous savons tous que l’EDHEC est une école fortement ancrée dans le domaine religieux. Elle est historiquement liée à la Catho de Lille, où l’enseignement théologique, pièce maîtresse de l’université, affiche comme objectif d’aborder « la question du sens, c'est-à-dire le religieux » ( !). Notre business school abrite aussi de charmantes associations religieuses fondamentalistes qui doivent se sentir douillettement installées dans cette église qui nous sert de nouveau bâtiment.

Mais l’EDHEC a choisi d’aller encore plus loin dans l’obscurantisme pour créer un de ces fameux avantages comparatifs. Partant de l’idée (pas forcément fausse) qu’une ESC n’a pas grand-chose à apprendre aux étudiants pour que leur carrière soit une « réussite »(« l’EDHEC est moins un enseignement qu’une marque de fabrique » nous rappelle le président du réseau...et Gabo), l’école a décidé d’introduire une dimension divine aux caractéristiques du manager.

Disséquons cette astucieuse innovation marketing et toutes ses ficelles :

L’établissement de notions absconses entrave la comparaison des concepts avec d’autres et permet d’avoir réponse à toutes les questions et d’éviter les critiques car plus les concepts sont stériles et plus ils sont aptes à se faufiler, à glisser d’une réalité à l’autre pour s’octroyer le mérite de tous les aspects gratifiants et échapper à toute responsabilité d’un échec.

Pour alimenter ce mythe du manager (voir à ce propos les travaux de Uzinidis et Boutilliers sur le mythe de l’entrepreneur) « effective » et « efficient », véritable leader charismatique, universel, démiurgique, la symbolique est évidemment mise à contribution. L’équipe pédagogique a donc décrété qu’il existait 7 dimensions fantastiques chez un dieu du profit.

Faute de réelles avancées, on utilise des néologismes empruntés à la langue de Shakespeare et surtout de Bill Gates pour cacher la misère. Le team manager n’est autre qu’un coach (autre sornette anglo-saxonne), comme on en voit beaucoup à « ça se discute », qui débagoule ses théories de café de commerce maquillées à grands coups de pseudo-psychologie. Ces team managers n’ont besoin d’aucune qualification pour professer leur grand-messe, d’autant plus que les étudiants n’aspirent qu’à y croire. Imaginez une ménagère ayant consacré deux ans de sa vie et l’ensemble de son revenu à un entretien avec une voyante, et qui considère que, finalement, elle ne peut accorder aucun crédit à ces prophéties superstitieuses !

 

 

 

 

Et voilà comment, tenu par les bourses, tout le monde veut continuer à y croire…Soyez fiers d’être EDHEC, c’est bien plus agréable !

Publié dans Société

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