correspondances

Publié le par hen zo et Ju l'indien

30/05/05

 

Email à Ju Verges.

Alors la France a voté non...On s'en doutait même si je voulais croire que c'était de la provocation et que finalement les gens n'allaient pas respecter leur (mauvaise?)intention de vote. Pourtant j'avais même fait de la propagande! Ca aurait dû marcher!

Mais bon, quand je sais que tous nos petits edhecs de Toronto sont en deuil pour ce scrutin et que je vois leur opinion politique, je voudrais avoir voté non...mais ce n'est pas un bon raisonnement. Je vais pas trop m'étendre : ils ont honte de la France parce qu'elle a dit non alors que d'autres ont dit oui,ils ne considèrent que la dimension diplomatique, comme si on avait demandé aux francais s'ils étaient pour ou contre l'Europe. C'est considérer les citoyens électeurs comme des idiots que de supposer a priori que les électeurs n'ont pas dépassé ce niveau de reflexion,que de supposer en fin de compte qu'ils n'ont pas compris l'enjeu de la question qui portait sur le contenu de la constitution.

C'est là que je voulais en venir. Ce regard outré, méprisant du choix français(et j'espère que tu en reviendras si c'est ton cas, à moins que tu me convainc toi!?)se retrouve dans la prise de position de la classe lors d'un cas pratique ce matin. En gros la question c'était: supposez que vous installez un software qui repère des mots clés dans les mails de vos employés. Leur diriez vous que vous les espionnez ou le garderiez vous secret? Pratiquement la moitié annonce qu'elle n'aurait rien dit! Sans parler du fait qu'il y avait un large consensus au sujet de l'installation même du programme, cette prise de position reflète bien le mépris des gens au profit de l'organisation. Le travailleur est mauvais et il faut s'en débarrasser, rien ne sert de chercher à le raisonner, il faut le piéger!

Enfin bon...

Reponse de Julien :

 

j'entends bien que le non ne veut pas dire pour tous "non" à l'europe ! mais je ne sais pas s'il veut vraiment dire non à la constitution: je l'imagine plutot comme un non de ras le bol, un non de crainte aussi!
j'ai entendu qlq jours avant le scrutin une caissière de l'intermarché discuter avec une cliente agée disant: "vous vous rendez compte, l'inflation depuis la mise en service de l'euro, c'est un scandale toutes ces taxes, ils auront bien mérité qu'on vote non". (c'était un peu plus étayé comme argumentaire avec l'inefficacité de la gauche et l'inaction du gouvernement mais c'est véridique) Je doute que cet exemple soit une exception: et je pense vraiment que bcp de gens ont voté non à autre chose que la constitution.
Et ce regard méprisant du choix français j'en ai un peu honte c'est vrai, mais je pense encore l'avoir: ce "non" venant d'un pays fondateur c'est certainement le plus gros coup d'arrêt que l'europe est connue en 50 ans. Comment se relever d'un tel revirement???
enfin, nous verrons bien combien de tps mettra la prochaine constitution à être élaborée.
Si jamais, elle est à tendance plus sociale et qu'elle passe, j'avouerai avoir eut tort sur la motivation des francais (c'est dire que je reconnaitrais qu'ils ont bien voté non à la constitution européenne et pas à autre chose) ...
En vous souhaitant du bon tps à toronto...
julien

 

 

 

31/05/05

D'accord pour Pacques au Maroc!
En ce qui concerne la nature du non, je ne peux etre que d'accord avec toi ( et même que c'est le début du petit texte d'opinion que je t'avais envoyé). Mais ce qui m'avait fait réagir était plutot comment se positionnaient les tenants edhec du oui: "nous, on est pas con, on est pour l'Europe, on a compris que c'était important de dire oui comme les autres, oui a l'Europe". C'est a dire qu'ils se présentent comme ceux, les seuls, qui ont compris l'enjeu du referendum alors qu'il y a plein d'arguments valables pour un non pro-européen, même s'ils n'ont pas pesé suffisamment pour que le non soit constructif.
Et puis j'en ai tellement marre de cette classe que je ne peux souffrir d'avoir la même opinion qu'eux.
Le cours de ce matin était particulièrement difficile à supporter. En compta on parlait de Wal-Mart, la societe qui interdit toute forme de syndicalisme. Ce trait de caractère nous est evidemment présenté comme un exemple pertinent de controle des couts. Et le professeur ultraliberal de nous expliquer: qd on est syndiqué, on fout rien, et Wal-Mart préfère rendre ses employés heureux plutot qu'ils soient syndiqués(!!).Quand Jérémie (marais) veut rappeler que cette enseigne a tout de suite fermé son magasin a Québec car les employés, pas si heureux que ça, voulaient s'organiser en syndicat, alors une bonne partie de la classe(la partie droite bien entendue) se met à grogner, trouvant que c'est du mauvais esprit. Le comble vient a la fin qd le prof conclut que s'il y a moins d'unions aujourd'hui parce que les travailleurs sont plus "happy"!!!
Enfin bon, toujours autant de lavage de cerveau dans ces belles business school, ce qui me fait souci c'est que je me sens de plus en plus seul...
A tres bientot mon petit pour de nouvelles sympathiques correspondances épistolaires.

Publié dans Dubitatif

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