One more time for one last time

Publié le par gabo

- World Health Organisation, mai 2006 -


 

 

One more time! Once again down in da Babylon! Comme chaque année au mois de mai, la WHO organise son assemblée mondiale. Des centaines de ministres, de docteurs, de délégués, de princes et princesses en tout genres se retrouvent à Genève pour une semaine de projets prometteurs, de résolutions résonnantes et de décisions décisives, qui devraient permettre d’éradiquer une fois pour toutes le sida, la polio, la variole, la grippe aviaire… tous ces maux qui frappent le monde (du sud curieusement) depuis tant d’années.

 


Hier, sa majesté le prince Charles, après le généreux Bill Gates l’année dernière et comme tant d’autres grands de ce monde, est venu planter son arbre dans les jardins de l’organisation. Un arbre, quel symbole fort, un geste plein d’espoir. Mais un espoir de plus en plus désespérant lorsque l’on réalise que chaque année les mêmes constats désolants refont surface. Les tirades n’ont pas changé, n’ont pas vieilli. En fouillant les archives, on pourrait prendre par exemple les cassettes de 1978, année de la conférence d’Alma Ata et repasser ces enregistrements dans les salles de conférence. En fermant les yeux, on serait persuadé d’assister à la 59ème assemblée mondiale de la santé de cette année 2006. Les noms changent mais les discours eux semblent intemporels.

 


Dr Lee (DG défunt de la WHO ) meurt ce lundi matin, deux heures avant l’ouverture de l’assemblée. Les condoléances s’enchaînent mais l’excitation est déjà palpable. Qui aura l’honneur de lui succéder ? Qui sera à la tête de l’organisation mondiale des promesses ? Les prétendants montrent les dents, que la bataille commence.

 


Mais pour mémoire, qu’avait on promis en 1978 lors de la conférence d’Alma Ata ? La santé pour tous, tout simplement, en l’an 2000 ! Quand on évoque le futur tout est permis. On peut dire n’importe quoi, on peut croire et espérer n’importe quoi. Mañana serà otro dìa, en 1978 l’an 2000 était si loin.

 

 


Pourtant, personne ne peut nier que l’ONU et toutes ces organisations qui en dépendent restent le seul espoir fondé que nous ayons. Aussi déconcertant que cela puisse aujourd’hui sembler, notre avenir passe inévitablement par la gouvernance mondiale, vecteur potentiel de cohésion cohérente.
Et en attendant que les beaux discours laissent enfin place à des actions à la hauteur des problèmes rencontrés, espérons que les cris de detresse poussés en pleine conférence par des hommes comme Johnson Mwakazi, jeune séropositif de 19 ans , déclenchent les changements du succès. Son intervention a jeté un froid sur l’assemblée. Silence, malaise, puis finalement applaudissements, en voici des extraits…


 

“I wonder what you would do if I told you that you tested positive. Would you disclose your status? Or would you deny this simple fact […] you claim to know so much about HIV and Aids, even go to the extent to creating awareness on HIV tests, but have you tested yourselves? You simply know how to talk the talk when you don’t have it but would you walk the walk if I told you that you had it?
[…]

 


All I hear and see on the Medias is purely stigmatisation of the highest order […] I seat and listen to your commercial products, oh yes, even to your advertisement. And all I get all day long is fear. You scare me with your posters that I’m not only having HIV, but that I’m also a dead man walking.
[…]

 


Do you stop to realize that I was the most, oh yes, the most faithful to my wife? Or would you believe that I got it through injection in hospital with a non-sterilized needle? […] Or if I told you keen enough, would you believe that I was raped? Nowadays, nowadays I have my own spoon, my own cup, my own plate, my own fork. Imagine, in a family of eight […] nobody dares to shake my hands. They find it safe to just wave at me. Would you believe that they even fear to breathe when they are around me?
Anyway, I’m not begging you to understand me or even sympathize with me. Because I know some of you, oh yes most of you are making money because of my status. But I want to tell you this; if you think you are negative: you never know until you go for testing. And if I told you tested negative, you never know. You might as well be in the window period, oh yes in the window period. Brothers and sisters, fathers and mothers, this one thing has destroyed families, this one thing has destroyed marriages, this one thing has killed men. It is not HIV, it is not Aids, it is not drugs, it is not suicide, it is not murder. It is stigmatisation. I say stigmatisation.

Now to all those who are but like me, looks like we are aliens, aliens in the land we are born in. But it doesn’t matter, I say it doesn’t matter. Run the race, run the race. Do not look back, no sideways, just move on, it doesn’t matter but we still finish the race…”

 

 

 

 

Publié dans Société

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