Question philosophique

Publié le par Jerem

Voilà, j'étais au journal, comme tous les jours, et c'est plutôt calme en ce moment. Donc nous discutions de la guerre du Liban. Difficile.

La discussion tournant au vinaigre, nous dérivâmes vers des sujets plus généraux, plus philosophiques...

Les démocrates, les humanistes d'Europe et d'Amérique doivent-ils et peuvent-ils exporter leurs valeurs issues des Lumières vers les pays qui en sont dépourvus ?

Je suis, d'habitude, du côté de ces universalistes. Mais les mots s'échappant, je me pris à dire que j'étais un fervent relativiste. Que le bien et le mal, ça ne veut rien dire, qu'il y en a en chacun de nous, etc. Tout fier d'exposer ainsi ma culture areligieuse et mon anti-judéochristianisme.

Bien sûr, je ne transige pas avec la liberté, la liberté d'expression, la liberté de la presse (qui sont le fruit de la Révolution bien sûr, mais aussi, quoiqu'on en dise, des longs siècles religieux qui l'ont précédée). De même, je trouve inique l'ancienne loi talibane qui interdisait à quiconque de sourire dans la rue. Pareil pour les règles insensées en vigueur en Iran, en Corée du Nord, etc.

Mais : sourire, c'est naturel. Là où on peut se poser des questions, c'est lorsque l'on passe du naturel au culturel (le port du voile pour les musulmanes par exemple)... La liberté est-elle naturelle à l'Homme ? Je crois que oui.

Ai-je le droit de vouloir changer les autres et d'imposer ma culture, mon histoire, mon "programme de vérité" comme disait Veyne ?

Le relativisme, c'est dire que toute chose, toute institution, toute énonciation est dépendante d'une culture donnée, à un moment donné, et en serait incertaine et sujette à caution. Cette première énonciation serait donc, aussi, elle-même soumise à la relativité et se révélerait caduque et sans substance.

Donc le relativisme est très limité... par lui-même.

Partant, on peut légitimement croire en la vérité et en la justesse des valeurs de liberté... et vouloir les imposer face aux tyrans et autres despotes, qu'ils soient religieux ou laïcs.

Mais là, on risque de tomber dans l'autre extrême qui est l'absolutisme, qui a d'ailleurs mené au colonialisme.

Alors voici ma question : peut-on être universaliste sans être absolutiste ? Et, surtout, comment ? Quel est le juste-milieu entre relativisme (qui est souvent l'expression d'une tolérance bonasse) et universalisme ?

Merci de vos réponses. Car ici, je ne sais pas si vous avez vu la cover de cette semaine, on s'ennuie un peu.

Publié dans Dubitatif

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