Calcutta en musique - Mathias

Publié le par Loren Babu

Venu en Inde avec sa petite amie Maï pour voyager et s’initier à la musique indienne, Mathias Durand. rentre en France avec l’assurance de revenir par la grande porte dès février 2010. Histoire d’un coup de foudre entre Calcutta et ce jeune musicien français.

 

 Mathias s'est rapidement intégré à la scène musicale de Calcutta ©The Red Bantoo 
A l'aéroport de New Delhi, le guitariste et chanteur folk de Mathias and the Broken Letters peine à porter ses bagages : un sitar, une paire de tablas, des bansuris, des khamacs… Plus de 45 kilogrammes de souvenirs de l'Inde, au lieu des 20 autorisés. Pourtant miraculeusement, le surpoids ne lui sera pas facturé.

Mathias fait fondre le cœur de l'Inde : arrivé à Calcutta avec sa copine clarinettiste pour rendre visite à son copain expatrié, le duo de musiciens est très vite invité à se produire sur les scènes branchées de la ville. Entre deux concerts, la guitare de Mathias, déjà fragile, se brise, et un luthier lui répare gratuitement : "il m'a juste demandé de lui faire confiance, et l'a fait par respect pour l'instrument ; alors qu'à Paris, on me disait qu'il valait mieux en acheter une nouvelle".

Mathias débute le sitar, les tablas et le chant indien. Concomitamment, les figures montantes de la scène musicale de Calcutta s'intéressent au prodige qui apporte un vent de fraicheur dans la ville. Mathias improvise ou compose avec des artistes d'influences diverses : Tritha de Black Coffee, le rocker Neel Adhikari de Five Little Indians, le Baul de Santiniketan Basudeb Das… Et il n'omet jamais d'immortaliser ces moments sur son enregistreur portable.

La ville a connu des étrangers qui prévoient de rester plusieurs mois comme volontaires humanitaires et qui repartent paniqués après une semaine. La sensibilité du musicien a, elle aussi, été mise à rude épreuve : confronté à la pauvreté qui, conjuguée au tourisme de masse, engendre des monstres, il a fui des lieux - comme Bénarès ou Bodhgayâ - dont il espérait pourtant beaucoup. Les coups d'avertisseurs, la pollution et la pauvreté ont réussi à faire sortir de ses gonds le chanteur réputé doux et inoffensif.

Un mois et demi est passé, trop vite. Mathias choisit de prolonger son séjour d'un mois et de laisser sa compagne rentrer seule en France, renonçant du même coup à son billet retour non échangeable non remboursable.

Loin d'être un coup de tête, sa décision suit une authentique révélation musicale : "j'ai commencé par prendre des cours de chant avec Pandit Santanu Bandyopadhyay, et très vite nous nous sommes mis à improviser ensemble. Musicalement, tout un nouveau champ des possibles s'ouvre à nous !". Santanu accompagne au chant la guitare de Mathias, quand ce n'est pas la guitare qui suit la voltige vocale du Pandit, et Mathias y mêle son timbre mélancolique.

Et ça fonctionne ! Si bien que le duo, accompagné de Shibu Das aux tablas, enregistre 4 chansons au studio Saregama. Rapidement, la sphère artistique de la capitale intellectuelle s'intéresse à cette formation originale qui sort des sentiers battus de la fusion. Le duo est même intégré à la programmation 2010 d'un grand festival de musique et reçoit l'engagement des organisateurs à financer les déplacements intercontinentaux de Mathias.

Au terme de son mois supplémentaire, l'enfant adopté de Calcutta réussit à quitter l'Inde. Juste avant de passer le contrôle de sécurité de l'aéroport, il formule quand même un regret : "Une semaine de plus, et je jouais dans le plus grand auditorium de Calcutta!"

Article paru sur aujourdhuilinde.com : http://aujourdhuilinde.com/actualites-inde-le-c-ur-de-calcutta-vibre-pour-un-musicien-parisien-4272.asp?1=1

Publié dans Portraits

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Juliano le ritalo 25/01/2010 16:06


Very nice... A rising star in India...
A défaut de te voir en concert sur Paris depuis un moment, j'espère te voir un de ces jours dans le plus grand auditorium de Calcutta...